Centre culturel Simone Signoret
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Publié mars 22, 2012 in Créations

Bérénice

de Jean Racine

avec 

Amel Djemel, Nicolas Raccah, Christine Mantelli, Jocelyn Muller, Valérie Saranga, Salah Edine Bouarfa, Stéphane Debruyne

 

Mise en scène

Gerold Schumann

Assistante mise en scène

Christine Mantelli

Scénographie

Jan-Marie Deroche

Composition

Bruno Bianchi

Costumes

Fadi Gharib

Lumières

Uwe Backhaus

 

Création 2000, coproduction Théâtre de la vallée et l’Espace Germinal, Fosses – théâtre de la vallée, Saint-Brice (95) ; avec l’aide du Théâtre Silvia Monfort, Saint-Brice et le soutien de la DRAC – Ile de France, du Conseil Général du Val d’Oise, de l’ANPE – Spectacles Val d’Oise et de la Caisse d’Epargne Ile de France Nord.

 

Titus, jeune empereur d’une vingtaine d’années, veut prouver qu’il est digne de succéder à son père, le grand et admiré Vespasien dont on pleure la mort. C’est seulement par un acte remarquable qu’il convaincra la cour et son peuple qu’il peut – lui aussi – régner… Répudier Bérénice, dont tous attendent qu’elle soit élevée au rang d’impératrice, devient l’acte fondateur de sa prise de pouvoir. La tentative de Titus de soumettre Bérénice en lui demandant de quitter discrètement Rome échoue.

Bérénice rend publique son humiliation et la machination de Titus. Par un ultime mensonge, Titus parvient à ses fins … Cette lecture va à l’encontre de la réception traditionnelle de la tragédie.

En courtisan fervent et critique à la fois, Racine ne contredira jamais ceux qui voient en Bérénice une pièce codée : l’amour contrarié de Louis XIV avec Marie Mancini. Il écrit donc pour son Roi avec un discours crypté qui n’apparaît pas au premier regard.

Trois siècles plus tard, la pièce n’a rien perdu de sa jeunesse : accès au pouvoir, manipulation, mensonges, sur fond d’histoire d’amour, personnages de cultures différentes, d’âge différent, conflit entre un nord rationaliste et un sud émotif…

Tout se joue sur un plateau ouvert. En son centre, le quatuor à cordes organise et répartit les échanges et les affrontements. Comme une chambre d’écho au peuple de Rome et aux tensions qui le traversent, le quatuor doit faire monter la «rumeur» que suscite cette passion impériale. La musique devient un allié majeur pour le spectateur, elle commente, souligne, amplifie non seulement la plainte d’une reine, mais aussi celle d’un empereur. Elle donne voix et vibration charnelle à ce peuple de Rome, elle accompagne, sur scène, les tensions et les déchirures d’un couple qui finira par abandonner toute intimité au profit d’un illusoire discours de grandeur. La musique, dans son langage propre et avec ses exigences, permet ainsi de rendre plus lisible encore la force dramatique et politique de la pièce. Les chanteurs-comédiens entrent au fur et à mesure dans leurs personnages, mais ils peuvent également se regrouper en un chœur commentateur, créant ainsi une distanciation et une mise en abyme. L’action est ponctuée par les tentatives de prises de pouvoir de Titus sur Bérénice. Son échec et sa réussite se lisent dans la construction du personnage, mais aussi dans l’utilisation de son costume, une toge, et des accessoires. Parallèlement, nous suivons la dégradation de l’aspect physique de Bérénice : bouleversée, elle veut qu’on la voie détruite, elle déchire sa robe ; quand elle accepte son sort, on la rhabille et elle reprend son apparence première. Tout va très vite, tout est changement intégré dans le déroulement de la pièce.

Nous respecterons le présent scénique, avec unité de temps, de lieu et d’action sur un plateau qui cite le théâtre antique. Avec le compositeur Martin Matalon, les instrumentistes du quatuor Diotima, les chanteurs-comédiens, nous explorons une histoire archaïque.

 

PRESSE
  • Nulle emphase déclamatoire, attitude compassée, rigide. Mais la spontanéité d’une jeune équipe enthousiaste, qui a fait ses premières armes en tragédie et s’en tire admirablement, tout à son honneur, malgré son manque d’expérience… Peut-être justement par le manque d’expérience, qui laisse le champ libre au metteur en scène, lui donne cette franche liberté de dépoussiérer une œuvre alourdie par la tradition, et rebute ainsi un éventuel public de non-initiés. Gerold Schumann a su diriger ses comédiens, selon l’exigence de son optique du théâtre tel qu’il le conçoit : tragique, dramatique, lyrique ou divertissant, et non d’un théâtre hiérarchisé. C’est une réussite. Il serait souhaitable qu’elle fasse des adeptes.
  1. Ramatuel, Radio Enghien
ILS NOUS ONT ACCUEILLIS 

Théâtre Silvia Monfort, Saint-Brice

Février 2000, 7 représentations

La Ferme des Jeux, Vaux-le-Pesnil

Mars 2000, 2 représentations

Cité Universitaire, Paris

Avril et mai 2000, 5 représentations

Théâtre Jean Marais, Saint-Gratien

Mai 2000, 3 représentations

L’Orangerie, Roissy

Octobre 2000, 2 représentations

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